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PISTES DE RÉFLEXION SUR LA RECHERCHE

Les établissements du réseau de l’Université du Québec recommandent au gouvernement du Québec de se doter d’une politique nationale sur les universités qui s’appuierait sur les trois objectifs suivants.

Placer l’étudiant au cœur de la mission universitaire

Les étudiants sont les principaux gagnants d’un système universitaire bien financé

Les étudiants universitaires sont en droit de recevoir une éducation de qualité, donnée par des professeurs au faîte des connaissances dans leurs domaines. Ils s’attendent à développer leurs compétences dans le cadre de programmes pertinents sur le plan scientifique et socio-économique et développés sur la base d’approches pédagogiques innovantes, à évoluer dans des lieux de formation adaptés et à avoir accès à toutes les ressources nécessaires à leur apprentissage.

Pour garantir ce droit, il faut que les universités aient la capacité d’embaucher des professeurs de qualité et de renouveler le corps professoral, de développer et de maintenir à jour des programmes de formation de qualité à la fine pointe des connaissances et des approches pédagogiques et d’offrir des ressources de soutien à l’apprentissage et des services d’intervention pédagogique. Tous ces facteurs affectent la qualité des apprentissages réalisés par les étudiants.

Les étudiants ont changé, leurs besoins également

Dans le Québec d’avant 1960, l’étudiant universitaire typique était un homme jeune qui provenait, dans la très grande majorité des cas, d’une famille aisée et valorisant les études. Depuis, la population étudiante des universités n’a cessé de se diversifier jusqu’au point de constituer un ensemble hétérogène aux attentes et aux besoins variés.

L’étudiant universitaire d’aujourd’hui présente un cheminement de moins en moins linéaire et se consacre de manière moins exclusive à son projet d’études. Pour améliorer la participation et l’accès aux études et aux diplômes de la population québécoise, les universités doivent offrir des réponses adaptées à des parcours d’études pluriels des étudiants adultes, des étudiants de retour aux études, des étudiants à temps partiel, des étudiants en formation d’appoint ou continue et des étudiants en situation de conciliation études-travail-famille.

Pour ce faire, la stratégie mise en place par le gouvernement du Québec devrait encourager la prise en compte des dimensions financière, sociale et culturelle, géographique et académique de l’accessibilité aux études.

Les étudiants participent à l’ouverture du Québec sur le monde

La présence d’étudiants étrangers enrichit le vécu universitaire de tous les étudiants québécois et représente une voie d’immigration avantageuse pour le Québec et ses régions. C’est à ce titre que le gouvernement du Québec doit renforcer la capacité d’internationalisation des universités québécoises et maintenir sa préoccupation d’accessibilité à l’éducation supérieure jusque dans son approche d’accueil des étudiants étrangers. À cet effet, l’État devrait prioritairement leur proposer des coûts de formation abordables à tous les cycles et dans toutes les disciplines.

Il convient de rappeler que le gouvernement québécois accorde aux universités le même niveau de financement pour l’inscription d’un étudiant étranger que pour celle d’un étudiant québécois. C’est la proportion du coût de la formation assumée par l’étudiant qui varie selon qu’il soit québécois ou étranger. Il est naturel que les montants supplémentaires perçus auprès des étudiants étrangers retournent dans les coffres de l’État puisque ces étudiants sont en contrepartie subventionnés comme des Québécois. C’est la base de l’équité fiscale pour les contribuables québécois.

Reconnaitre l’excellence partout où elle se trouve

La recherche, l’enseignement et le service aux collectivités sont les missions indissociables de toute université

Ancrées dans leur communauté, les universités se consacrent à la formation avancée des personnes par l’enseignement et par la recherche et à l’avancement des connaissances scientifiques.

Dans le modèle universitaire, la recherche conditionne la qualité de la formation à tous les cycles d’études.  Elle assure notamment le développement de connaissances de pointe que les professeurs-chercheurs peuvent transmettre dans le cadre de leurs cours. Également, grâce à la présence au sein de chaque université d’une force vive en recherche, la formation « à et par » la recherche donne lieu à l’acquisition d’habiletés qui forgent des compétences essentielles dans de nombreux domaines professionnels : observation, questionnement, rigueur, analyse, raisonnement, discernement, évaluation, synthèse, sens éthique, communication orale et écrite. 

En réponse à l’impératif de développement scientifique du Québec conjugué à celui du développement de leur milieu, la recherche dans les universités s’est par ailleurs développée sur des problématiques qui puisent leur source dans les milieux professionnels, sociaux et géographiques dans lesquels elles sont implantées. Des créneaux d’expertises importants se sont développés favorisant l’émergence de pôles d’excellence de calibre national et international.

Il est donc essentiel de renforcer les capacités et les forces en recherche où elles se trouvent et d’assurer un accès aussi large que possible aux formations de cycles supérieurs pour toute personne en ayant les aptitudes et la volonté.

La variété des modèles universitaires est une force de la société québécoise

Le Québec gagne à disposer d'un ensemble d’universités s'inspirant de modèles diversifiés par leur taille, leur caractère généraliste ou spécialisé, leur ancrage régional ou professionnel.  Cette diversité permet une meilleure réponse à la variété des besoins de formation et de recherche des personnes et des groupes, et à la variété des besoins des secteurs et des régions où œuvrent ces établissements.

Une des retombées les plus importantes d’un système de recherche est la diversité des connaissances et des idées qui sont développées: le maintien d’un vaste bassin de connaissances tant fondamentales qu’appliquées assure à l’ensemble de la société québécoise, la capacité à réagir rapidement et adéquatement aux nouveaux défis et enjeux — qu’ils soient économiques, sociaux, technologiques, démographiques ou naturels.
Les déficits structurels liés à la réalisation de la mission de recherche sont un obstacle à l’excellence
Les droits de scolarités des étudiants ne peuvent servir à combler les charges grandissantes pour les universités liées à la réalisation de leur mission de recherche. Le gouvernement du Québec doit obtenir du gouvernement du Canada qu’il fournisse les montants qui permettront de régler le déficit structurel découlant du sous-financement du maintien et du fonctionnement des infrastructures de recherche ainsi que des coûts indirects de la recherche associée aux octrois fédéraux.

Au cours des dernières années, il a consenti des montants importants aux infrastructures de recherche universitaires. Ces projets ont créé une pression sur le gouvernement du Québec, qui devait en assurer le financement de contrepartie, ainsi que sur les universités, qui doivent assumer le maintien et le fonctionnement de ces infrastructures, qui ne sont pas couverts par les investissements fédéraux. On estime que le sous-financement, par le gouvernement fédéral, des coûts indirects de la recherche associée aux subventions qu’il verse représente un manque à gagner pour les universités de l’ordre de 90 millions de dollars, pour la seule année 2007-2008.

Assurer l’avenir du système universitaire, puissant outil de développement économique, social et culturel au service du Québec

Le Québec doit se doter d’objectifs ambitieux de taux de fréquentation et d'obtention de diplômes universitaires, à tous les cycles d’études

Le Québec fait face à de nouveaux défis qui rehaussent l’importance d’augmenter la persévérance et la réussite des études à l’université et aux autres ordres d’enseignement. Le pourcentage de la population québécoise titulaire d’un grade universitaire de premier cycle, mais aussi de cycle supérieur est encore jugé insuffisant, par plusieurs observateurs, dans la perspective de maintenir la capacité du Québec à faire face aux « pressions qui accompagnent l’avènement de la société du savoir et les conditions de concurrence auxquelles sont soumis les États» (CSE, 2010). De plus, un déclin démographique prévisible dans la strate d’âge des 17-29 ans aura un impact non seulement sur le renouvellement de la main-d’œuvre, mais également sur un renouvellement des connaissances de la main-d’œuvre déjà active sur le marché du travail.

Or, malgré des progrès importants, il demeure toujours des inégalités dans la capacité de certains groupes de la population québécoise à accéder aux études universitaires.  Les objectifs de fréquentation et de diplomation doivent donc être modulés par groupes de la population québécoise sous-représentés aux études universitaires.

L’enseignement supérieur est un investissement, pas une dépense

La présence d’universités sur un territoire est intimement liée à la création et à la diffusion de nouvelles connaissances et d’innovation,  au développement des compétences des personnes, à la présence des « jeunes actifs », à l’attraction, à la création et à la transformation d’entreprises, à la création d’emplois de qualité générant de hauts niveaux de salaires, à l’existence d’un bassin de main-d’œuvre qualifiée et diversifiée, à l’amélioration des conditions de vie de la population, à la vitalité du tissu associatif, au dynamisme dans le domaine des arts et de la culture, à l’amélioration de la qualité de vie, au pouvoir d’agir de la population et au renforcement de la cohésion sociale.

En plus de former le personnel hautement qualifié et d’alimenter par la recherche le savoir dont les organisations privées et publiques ont besoin, les universités sont aussi des employeurs majeurs et des acheteurs de biens et de services, elles créent des emplois directs et indirects sur tout le territoire québécois. Leur propre personnel de tous les corps d’emplois possède des expertises capables de contribuer aux efforts d’organisation et de développement de leur milieu d’appartenance, que ce soit par le biais de services aux collectivités ou par le bénévolat et l’implication sociocommunautaire. Les activités para-universitaires ainsi que les infrastructures immobilières sont autant de lieux d’animation et de soutien à la vie culturelle et sportive de leur milieu. Enfin, grâce à l’organisation d’événements, de colloques et de congrès, les universités québécoises sont une vitrine du Québec ouverte sur le monde. La présence d’universités dans toutes régions du territoire québécois, rurales comme urbaines, est certainement l’une des clés de la vitalité de ces régions aux rôles complémentaires, nécessaires à l’avenir du Québec.

Une étude économique du Mouvement des caisses  Desjardins a évalué l’impact des universités québécoises sur l’économie. Leur impact dynamique provient essentiellement de l’augmentation de la productivité engendrée par l’apport du capital humain formé par les universités, par la valorisation de la recherche faite dans les universités, par le fait que ces dernières stimulent la recherche en entreprise et améliorent les méthodes de production, et parce qu’elles attirent de nouveaux investissements, particulièrement en haute technologie. L’analyse conclut que l’impact économique dynamique des universités sur le PIB du Québec s’est élevé à 11,9 G$ en 2006. Par ailleurs, l’impact statique net des universités découlant de leurs dépenses de fonctionnement (nettes de subventions), des dépenses de subsistance des étudiants étrangers et des dépenses des visiteurs venus assister à des séminaires ou congrès organisés par les universités a aussi été estimé. Les impacts statiques nets auraient atteint 670,5 M$ en 2006 (Desjardins Études Économiques, La prospérité future passe inévitablement par les universités, novembre 2008).

Les universités doivent disposer de moyens suffisants et adéquats pour leur permettre de remplir leur mission

Il appartient au gouvernement de fixer les paramètres de financement des universités et parmi ceux-ci de fixer le niveau des droits de scolarité. Il faut se rappeler que la fréquentation universitaire résulte de multiples facteurs –géographique, social et culturel, académique et financier.  L’expérience internationale nous montre à ce chapitre que les systèmes d’aide financière alliant à la fois prêts avec remboursement subordonné au revenu et allocations conditionnelles aux moyens financiers renforcent non seulement en amont l’accès et l’équité dans l’enseignement supérieur, mais permettent également en aval d’améliorer la réussite des étudiants.